BLA BLA & REFLEXIONS

Mon ange

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Je me mets aujourd’hui à mon clavier pour parler d’une récente souffrance. J’ai perdu, mardi dernier ma lapine, Compote. Depuis le mois d’Avril, son estomac devait être stimulé car il avait du mal à fonctionner. Elle se débloquait grâce à des médicaments et des pipettes pour l’aider à manger quand elle n’y arrivait pas d’elle-même. Mardi matin, mes parents l’ont retrouvée dans la même position que la veille, prostrée. Ils ont alors compris. La vétérinaire a confirmé le matin-même en la voyant que son estomac avait cessé de fonctionner, que d’autres organes allaient suivre, et qu’elle était fatiguée ma louloute. Nous devions la libérer le soir-même, avant qu’elle souffre vraiment.

Étant sur Lyon et mes parents dans l’Ain, j’ai posé ma demie journée et je suis allée la rejoindre, une dernière fois. Voilà pour le contexte.

Je n’ai jamais perdu d’animal avant, nous n’en avions pas. Mes chats ont 2 et 4 ans, et ma lapine 7ans et demi. Elle est donc la première à devenir un ange. Je vous raconte pourquoi depuis mardi un bout de moi est dans le ciel avec elle.

Je suis allée chercher mon bébé dans un petit village dans l’Ain en 2011. Elle avait 5 mois, ma puce. Je suis tombée sur une annonce sur Leboncoin, on ne voyait que son museau blanc sur la photo. J’ai eu le coup de foudre pour cette petite forme noire. Lorsque je l’ai eue j’étais malade depuis trois ans. Maladie longue qui a duré en tout 5/6 ans. J’étais dans un état d’esprit très négatif, je faisais pas mal de crises d’angoisses, mon moral fluctuait. Compote a eut un rôle énorme dès son arrivée. Elle mettait de la gaieté dans mes journées, elle occupait mes pensées. J’avais un petit bout à m’occuper, à qui j’apportais quelque chose et qui me le rendait bien. A Lyon (car elle a d’abord vécu avec moi), elle était l’attraction de mes journées, elle gambadait partout. Au début elle faisait des petites crottes partout sur les fauteuils du salon, ce qui rendait fous mes collocs et qui ne manquait pas de me faire rire. Elle était si rapide, à bondir, courir… J’observais ce petit bébé qui partageait mes journées habituellement si difficiles à vivre pour moi. Mon soleil.

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Mon cœur, 5 mois, le premier jour à la maison

Elle a ensuite été vivre chez mes parents où la vie fut beaucoup plus douce et belle pour elle. Quoi de mieux qu’un bon air, la liberté toute la journée et des papouilles à gogo? Il y avait toujours quelqu’un à la maison pour elle. Pour avoir une belle vie, elle a eut une belle vie 🙂 Le savoir fait un bien fou, mais n’enlève rien à la douleur.

Beaucoup peuvent penser qu’il est disproportionné d’avoir une peine aussi grande que la nôtre. Car nous la pleurons encore. Je n’écris pas cet article pour justifier mes yeux encore chaque jour gonflés, mais pour expliquer.

Compote n’était pas juste un animal de compagnie. Mis à part le fait qu’elle nous suivait, montait sur les lits pour avoir des bisous, elle faisait des bêtises, elle demandait des caresses, elle boudait un vrai petit toutou dans son comportement… et puis c’était un vrai médicament pour tout le monde. Durant les moments difficiles de chacun de nous elle agissait comme un anti-douleur, elle calmait les maux, les crises, la panique. Par sa présence et ses actions, elle adoucissait notre peine. Elle est arrivée dans nos vie à un moment tellement particulier, qu’elle a tout vécu avec nous. Et elle a pris une place énorme dans nos cœur et notre quotidien. Elle a marqué toutes les personnes qui l’ont vue. Compote c’était la joie de vivre, la douceur, le calme (et aussi la tempête =)). Elle ne parlait pas mais elle s’exprimait à sa façon, on savait qu’elle nous aimait. Elle alimentait nos discussions, elle était souvent le centre de l’attention, et si on voulait parler, on se mettait souvent à côté d’elle, parce que c’était juste normal.

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Ma curieuse

Ce n’était pas une amie, ce n’était pas un compagnon. Non, c’était un membre de la famille. Je pèse réellement mes mots en les écrivant. Et aujourd’hui je pleure un proche.

Le mot deuil me semble être un synonyme d’impossible. Je ne parviens pas à accepter son départ. Je sais bien qu’elle était épuisée, qu’elle voulait être au calme et se reposer. Je sais que nous avons tout tenté durant plusieurs mois et qu’il n’y avait pas d’autre solution. J’accepte qu’il était temps, même si nous aurions tout donné pour vivre des années supplémentaires avec elle. Mais je n’accepte pas son absence.

Je ne pourrai plus jamais entendre ses petites pattes sur le parquet, sentir son odeur à la fois de gâteau et de foin, la toucher.

Elle s’est endormie dans mes bras. Son petit corps était tout mou, elle ne résistait pas, elle voulait dormir. Cette image je ne l’oublierai jamais. Pour l’instant c’est de la douleur que je ressens. Je vois la mort et l’inertie. Mais je commence aussi à me souvenir du reste. Des bons moments. Les premiers jours je n’ai pas réussi à donner beaucoup d’affection à mes chats. Je voyais qu’elles étaient là, en vie, mais je n’avais plus Compote. Je l’avais tenue dans mes bras, je l’avais accompagnée jusqu’au bout. Alors caresser d’autres animaux, même les miens que j’aime, c’était au dessus de mes forces. Il a fallu que je passe une soirée avec mes parents et que je les vois caresser mes chats, pour accepter de le faire aussi. Comme s’ils m’avaient donné le feu vert. Comme si je comprenais que j’avais le droit de m’occuper d’elles sans trahir Compote. Je me rends compte de ces choses en les écrivant. Cet article n’est pas vraiment comme les autres, il est surtout pour moi, pour rendre hommage à ma Choupy, si particulière.

Certains ont des animaux qui partagent leur vie, qui sont pour eux des compagnons. Pour nous, pour notre famille, Compote a été un membre à part entière.

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Nous ne vivons pas tous la même chose. Nous ne vivons pas le deuil de la même façon non plus. Pour ma part j’ai toujours la boule dans la gorge lorsque je l’évoque, chose normale, cela fait une semaine. Je sais que le temps va faire son travail, que je pourrai parler d’elle en me sentant plus légère. Je parviens à peine à me remémorer sa vie à nos côtés en souriant. Ce n’est pas si mal.

Nous avons choisi de l’enterrer au pied d’un cerisier, pour qu’elle apporte à la terre et qu’elle contribue au développement de la vie. Mon bébé est parti, elle s’en est allée, entourée de sa famille. Aujourd’hui c’est un ange, une étoile dans le ciel. Elle n’a pas mal, c’est l’essentiel. Malgré tout, un petit bout de moi est là-haut aussi, avec elle, parce que son départ ne m’aura pas laissée indemne ♥.

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